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Publié par Jean-Jacques Benoît

 

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Peu le savent, mais Yvette Roudy est née à Pessac!

 

En mai 1981, comme Ministre chargé des Droits de la Femme nommée par François Mitterrand, elle se bat sur tous les fronts des nouveaux droits: législation du travail, interruption volontaire de grossesse, égalité des salaires ou encore paiement des pensions alimentaires.

 

En ce 8 mars, Journée Internationale des Femmes, je veux lui rendre hommage à-travers quelques extraits de son livre "A cause d'elles", préfacé par Simone de Beauvoir, et publié en 1985.

 

"Le maire ne réussit pas à se débarasser de mon père. Pourtant, il avait tout tenté, allant jusqu'à la suspension du salaire. Durant plusieurs mois, il n'y a pas eu d'argent à la maison. Plus question d'aller chez le coiffeur. Je portais des cheveux longs. Plus question non plus d'acheter des chaussures en cuir. Seuls les sabots de bois étaient à la portée de notre bourse.

 

(...) Pierre venait à la maison de Pessac mais ce n'est qu'au bout de six mois qu'il a rencontré mon père, lequel, bien entendu, ne fréquentait jamais le dimanche ce logement où nous étions seules, ma soeur et moi.

Pour cette première rencontre mon père était fortement éméché. Pierre était resté stoïque, n'a fait aucun commentaire. Aux questions de mon père, il a opposé un sourire poli.

 

(...) Créé par Marie-Thérèse Eyquem, Colette Audry, Simone Menez et une poignée de femmes de gauche dont maître Kraemer-Bach toujours pleine de vie et Blanche Albert, le MDF était un des nombreux clubs qui poussèrent à gauche comme des champignons dans les années 60, nés pour répondre à l'exigence d'alors d'un certain nombre de gens de gauche.

 

(...) Je suis profondément convaincue que la montée du féminisme à laquelle nous avons assisté à la fin des années soixante a puisé l'essentiel de sa force dans la réflexion neuve de Simone de Beauvoir. S'il n'y avait pas eu l'analyse théoroque, historique, très complète, très solide et demeurée vraie de Simone de Beauvoir, les effets des luttes des mouvements féministes nés autour de 1968 n'auraient pas été aussi puissants.

 

(...) Les premières féministes socialistes du siècle dernier ont été très tôt regardées avec beaucoup de méfiance par les leurs et ignorées par l'Histoire. La critique du patriarcat, base de la pensée féministe bien que développée par Engels, approfondie par Bebel, n'a jamais été intégrée dans les classiques du socialisme. Les socialistes - dans leur majorité - pensaient - (et beaucoup pensent encore) que les problèmes particuliers de femmes sont sans doute importants mais ne justifient pas un traitement spécifique et permanent."

 

Dans la Préface à ce livre, Simone de Beauvoir écrit:

"L'histoire que raconte ce beau livre, c'est celle d'une lutteuse: quelqu'un pour qui les choses ne vont pas de soi, qui les met en question et qui combat, pour les faire devenir telles qu'elles devraient être. Enfant, adolescente, la jeune Yvette se révolte quand elle entend ses parents répéter:" ça, ce n'est pas pour nous." Elle veut qu'on dise au contraire: "ça, c'est pour tout le monde", et cette exigence a été le fil conducteur de toute sa vie."

 

                                       

 

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