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Publié par Jean-Jacques Benoît

 

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Je me souviens de cette matinée du Congrès de Toulouse, en octobre 2012. Arnaud Montebourg à la tribune, peu audible, peu entendu. Ni même peu écouté. Le brouhaha du Congrès dominait, avec un ministre moins bon que d'habitude d'ailleurs.

 

Qui aurait cependant tendu l'oreille aurait perçu les éléments mêmes de ce qui se passe aujourd'hui sur le dossier d'Alsthom, et qui fut à l'origine de la blessure de Florange. Non pas un interventionnisme débridé de l'Etat, mais la certitude que l'Etat doit dire son mot, si nécessaire, dans l'économie. Ce que l'on appelle "l'Etat stratège", "le patriotisme économique", "la volonté politique". Au nom de quoi, de quelle idéologie - ou alors il faut l'expliquer! -, la politique n'aurait rien à voir avec l'économie?

 

Florange a été, est encore, une blessure aux flancs de la Gauche. Je suis de ceux qui pensent que cet évènement, vécu comme un désintérêt politique et symbolique du PS pour la classe ouvrière, a marqué une rupture, vécue quelques mois plus tard dans les urnes avec l'abstention ou le vote FN des dernières élections. Une catastrophe politique, et humaine, quand on sait que la nationalisation temporaire, ou/et partielle aurait permis un sauvetage économique de la filière. Sans compter que la parole donnée dans la campagne présidentielle aurait été tenue et respectée!

 

Rien n'était gagné d'avance dans le dossier d'Alsthom, c'est le moins qu'on puisse dire! Pourtant l'alliance trouvée avec Général Electric préserve à la fois l'emploi et notre souveraineté stratégique, notamment dans le domaine décisif du nucléaire, mais aussi des énergies renouvelables et des transports.

 

Il a fallu rompre dans cette affaire avec l'idée libérale de la non-intervention de l'Etat dans l'économie. Lorsque le Premier Ministre dit qu'"Alsthom, c'est l'anti-Florange", il met en évidence l'élément politique central: un Etat européen peut-il voir les moyens d'une intervention politique dans les échanges économiques, alors même que les clauses anti-concurrence européennes freinent les regroupements?

 

A droite, chez les libéraux, la critique sera de mise, car le laissez-faire laissez-aller leur va très bien.

 

A gauche, et chez ceux qui à droite ont le souci du devenir national, cette alliance sera saluée pour ce qu'elle est, le sauvetage de milliers d'emplois, la création d'autres, et l'affirmation de notre indépendance natonale.

 


 


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