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Publié par Jean-Jacques Benoît

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Il y a un an disparaissait le Père Henri Lac-Ariet.

 

A l'occasion de ses funérailles, je suis intervenu en tant que Maire de Pessac pour dire l'émotion qui a étreint la ville en ce moment douloureux.

 

Voici la teneur de mon intervention.

 

"Madame et Monsieur soeur et frère d'Henri, et membres de la famille,

 

Monsieur le Député,

 

Monseigneur, et tous les prêtres réunis autour de vous,

 

Mesdames et Messieurs mes collègues du Conseil Municipal de Pessac,

 

Mesdames et Messieurs les représentants de la communauté catholique de Pessac, et au-delà,

 

Mesdames et Messieurs, toutes et tous amis d'Henri,

 

 

La Ville pleure.

 

Tes amis, d'abord ceux qui croient au ciel mais aussi ceux qui n'y croient pas, t'entourent en ce moment de rassemblement autour de toi.

 

A l'heure où l'on se souhaite la bonne année 2013, toi tu as décidé de partir, comme une de tes dernières plaisanteries.

 

M'adresser ainsi à toi, directement, en tant que Maire de cette ville, n'est pas très conventionnel, j'en conviens. Mais tu as su nouer avec chacune et chacun d'entre nous une relation tellement unique que je me permets ce matin cela devant tous.

 

La Ville pleure.

 

Elle pleure car elle sait ta bonté, ta générosité, ton humanisme. Non point seulement des mots, mais des actes dispensés tout au long des années, toujours avec discrétion, sinon secret. Que l'on soit riche ou pauvre, bien portant ou malade, tu répondais présent!

 

La Ville pleure.

 

Elle pleure, car elle sait le conteur infatigable que tu fus, histoires de la vallée d'Aspe ou histoires de Pessac. Tu avais le goût de la saveur des mots que tu cuisinais avec art, et nous en redemandions. Mais qui a eu le privilège d'entrer dans ton bureau au presbytère a pu y voir l'importance de ta bibliothèque où se côtoient Bourdieu, Delumeau, Aron, Saint Augustin et nombre de romans.

 

La Ville pleure.

 

Elle pleure, car ton sacerdoce ouvrait au monde. Tu accueillais, croyant ou pas, d'une autre religion ou pas, étranger ou pas. Tu savais dire le monde, les doutes, les incertitudes, les souffrances, mais aussi l'espoir. L'espérance de ce en quoi tu croyais, et qui te donnait une force, un rayonnement, une écoute des autres digne d'un homme à la hauteur de la parole qu'il portait.

 

La Ville pleure.

 

Elle pleure, car chacun a pu mesurer pour lui-même la douceur plutôt rocailleuse de ta voix, la paix parfois exigeante de ton regard, et la chaleur toujours généreuse de ta poignée de main.

 

Mesdames et Messieurs,

 

La Ville pleure, car elle vient de perdre un homme grand de sa croyance en l'homme et de son humanité. Il y ajoutait sa foi qui le portait vers l'au-delà.

 

A sa soeur, à son frère, au nom de la Municipalité de Pessac, au nom de notre ville rassemblée en ce moment douloureux, je vous présente mes condoléances les plus sincères et les plus attristées.

 

Henri, ainsi que me le disait hier Danielle Le Roy devant ton corps défunt, désormais tu nous accompagneras autrement.

 

Adishats, lou paï, adishats Henri.

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