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Publié par Jean-Jacques Benoît

 

 

 

Jean-Jaures-au-Pre-St-Gervais_3285.jpg

 

 

Chacun de nous a son Jaurès en tête, et on ne trouve guère personne en France qui ose critiquer le grand homme. Un siècle après, l'Histoire et l'émotion de l'instant de l'assassinat ont fait la légende. Mais pas seulement!

 

Il y a cent ans, le crime a accéléré la guerre, contre laquelle Jaurès se battait, alors même que les journaux nationalistes promettaient une balle dans la tête au dirigeant de l'Humanité. A force de le demander, ce fut fait!

 

"Ils ont tué Jaurès!"

 

En ce 31 juillet 1914, le monde basculait dans la guerre, et dans le XXè siècle. Les deux guerres mondiales, celles de libération nationale, la guerre dite froide entre l'URSS issue de cette Première Guerre mondiale et les USA, autant de faits majeurs que le meurtre de Jaurès enclencha peu ou prou.

 

C'était il ya un siècle, il y a une éternité.

 

Et cependant, comment expliquer cette ferveur de notre peuple, aujourd'hui,  pour Jaurès?

 

Par le seul fait de la mémoire des gens de gauche ou des socialistes? Ce ne serait pas suffisant! Non, Jaurès c'est autre chose!

 

Je crois que Jaurès porte dans l'histoire de sa vie quatre utopies concrètes mêlées, en actions, qu'il sut manifester et que les Français recherchent aujourd'hui dans nos hommes et femmes politiques, et qu'ils ont du mal à trouver.

 

La première est l'attitude morale de la recherche du bien commun, de ce qui rassemble, de ce qui unit. Non point pour affadir, mais pour trouver le chemin de l'accord partagé durablement. Ainsi la République est plus forte!

 

La deuxième est la soif de justice, et pour ce faire soutenir ceux qui souffrent le plus - les ouvriers et les travailleurs plus généralement - , en les aidant à construire les compromis gagnants pour leur cause, et si nécessaire de manière très ferme.

 

La troisième est la République, à laquelle Jaurès a voué sa vie. Avec sa idée fondatrice chez lui, que le socialisme c'est la République sociale poussée jusqu'u bout, et que la laïcité en est le ferment salvateur d'apaisement et de vie nationale.

 

La quatrième enfin est la recherche constante de la paix, non par faiblesse, mais parce qu'un homme, une femme, un enfant mort ne se remplacent jamais, et que la paix est le bien le plus précieux des peuples et des individus. Tout faire pour la paix, et sinon résister, y compris par les armes.

 

Morale, justice, République, paix. Une vision du monde à construire, par respect des êtres humains, en France et dans le monde.

 

A-travers ces mises en actes largement ponctées de nombreux écrits d'une érudition remarquable - lisez son "Histoire socialiste de la Révolution Française" ! - Jean Jaurès a défriché sans compter une voie qu'il a pratiqué au risque de sa vie.

 

Un siècle après, l'exemple de Jaurès reste bien vivant et plein d'actualité!

 


 


 


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