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Publié par Jean-Jacques Benoît

 

 

Il y a deux manières d'analyser les résultats des élections cantonales de ces deux dimanche de mars. La première est de se satisfaire des résultats en pourcentages du PS et de la Gauche.  Nous gagnons même des départements, dont celui des Pyrénées-Atlantiques, ou encore nous avons plaisir à la très belle victoire de Michèle Delaunay à Bordeaux. Malgré tout, il y a une autre manière aussi de regarder la réalité en face, sans doute moins agréable.

 

L'abstention massive des Français à ce scrutin ne peut seulement s'analyser par des circonstances propres à cette consultation: élection isolée, une moitié des Français qui vote, une réforme territoriale qui met à mal le Conseil Général... Soit!

 

 

Surtout les résultats du Front National - qui réalise 45% des voix dans les 400 cantons où il est présent - confirment qu'il n'y a plus désormais de barrière infranchissable entre lui et une bonne fraction de l'électorat de droite! Plus grave sans doute encore, le Front National touche par ses mots d'ordre un électorat populaire sinon de gauche perdu et qui ne se sent plus protégé par les politiques publiques d'hier ou d'aujourd'hui.

  

La crise que traverse la France est multiforme: démocratique, économique, sociale, écologique, politique. Et s'ajoute à cela une crise profonde de l'Europe dans un monde qui bouge énormément, et qui fait peur à nombre de nos concitoyens qui ne se sentent plus protégés. 

 

Crise démocratique car les institutions n'arrivent plus à répondre au besoin de démocratie, de participation et de représentation des citoyens. De ce point de vue, la représentation proportionnelle des différents partis doit être beaucoup plus prise en compte dans les institutions territoriales et jusqu'au Parlement! L'exemplarité des élus doit être totale et d'abord à gauche bien sûr! Il y a un grand besoin d'une nouvelle République!

 

Crise économique et sociale, tant il est vrai que la hausse des prix actuelle conjuguée au chômage et à stagnation des salaires crée les conditions d'un appauvrissement général des couches populaires et moyennes. Nous devons avoir un "programme pour la vie quotidienne", pour l'emploi des jeunes, et pour les retraites des plus démunis!

 

A cette crise s'ajoute un fort sentiment d'injustice envers ceux qui ont "tout", et que l'on juge éloignés des préoccupations des gens de peu, de leurs besoins immédiats. L'attitude des banques, des divers plans européens contre les salaires et l'emploi, l'impuissance du politique devant la finance, autant d'éléments de reproches forts à "la classe politique" qui semble ne pas pouvoir répondre aux défis actuels.

 

Crise écologique. Le réchauffement climatique en cours et le désastre de la centrale nucléaire de Fukushima obligent à des approfondissements indispensables pour le PS - sinon à des révisions pour certains - de nos politiques pour l'avenir de la planète et la contribution de la France à ces objectifs. Un grand débat public sur le nucléaire est nécessaire pour déterminer dans les trente années qui viennent de quelles énergies nous avons besoin et pour quoi faire, en nous posant toutes les questions.

 

Crise politique, car nous assistons à une reconfiguration de toutes les droites - y compris donc du Front National ainsi banalisé par cette élection - sous la double houlette du Président de la République et de la fille Le Pen, qui s'épaulent de fait l'un l'autre. Cette stratégie peut aboutir à l'implosion de l'UMP et à une forme d'alliance Sarkozy-FN. Sauf que désormais la question est posée à droite de savoir si N. Sarkozy est le meilleur candidat de son camp pour les Présidentielles de 2012....

 

Crise de l'Europe, de pacte de compétitivité en plans européens qui dégradent les conditions de vie des travailleurs dans nombre de pays, de la Grèce à l'Irlande ou au Portugal. Sans compter les politiques de droites qui devancent ces demandes de l'Union européene, de Londres à Paris. L'Europe est confrontée à une grave crise politique, qui pose cette question: le politique pourra-t-il enfin en Europe commander à la finance et à l'économie, et prendre alors les mesures qui s'imposent?

 

Dans un monde en pleine effervescence, comment donner envie d'une une France nouvelle et assurer la protection de nos populations dans la justice et l'effort de tous? Les primaires socialistes devront s'attacher à cela.

 

C'est mon espoir....

 

Rien ne serait plus aveugle aujourd'hui que de chanter, au PS ou ailleurs: "Tout va très bien Madame la Marquise, tout va très bien, tout va très bien!"

 

 

 

 

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