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Publié par Jean-Jacques Benoît

 

 

A la fin des années 1980, et au début des années 1990, les Nations Unies ont tenté de mieux définir l'évolution des pays du monde. En 1987, la Ministre norvégienne de l'environnement donna son nom à un rapport - le rapport Brundtland -, et en 1990 fut créé l'IDH - Indice du Développement Humain - à l'initiative du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

 

Le Rapport Brundtland donna une définition du développement durable: "un développement qui correspond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs". Il appuya sa théorisation sur le concept des "trois piliers" - économie, social, environnement -, avec le grand succès que l'on sait depuis quelques années notamment.

 

L'environnement y prit souvent la première place, d'autant que la question climatique est venue renforcer l'idée d'une écologie seulement "naturaliste", sans forcément faire référence aux deux autres pôles économiques et sociaux.

 

Depuis "l'économie verte" a tenté de combler le fossé du déséquilibre entre les trois piliers, et le volet social tend à être trop souvent absent des propositions. La seule clause sociale des marchés publics ne saurait être suffisante pour une politique sociale du développement durable, même si elle est bien sûr nécessaire. Mais il y a encore quelques jours, un élu vert s'interrogea publiquement en séance de la Communauté Urbaine de Bordeaux pour savoir si Ford devait revenir à Blanquefort pour sauver des emplois, au seul fait qu'il construisait des voitures et que donc etc... etc.... Le compromis nécessaire entre emplois actuels et transformation écologique de l'économie ne peut se faire sans l'assentiment des populations.

 

Notons cependant que le rapport Brundtland et la proposition de l'IDH ne surent converger, ni au début des années 90, ni par la suite. Aujourd'hui encore il y a séparation entre le Produit Intrérieur Brut (PIB) - indice très utilisé pour mesurer la croissance d'un Etat, calculée essentiellement par l'agrégation de la valeur ajoutée des entreprises -, et l'Indice de Développement Humain (IDH) - qui mesure la santé-longévité, le niveau d'éducation, et le niveau de vie de l'habitant -. Notons aussi que l'on pourrait ajouter à cet indice une valeur monétaire à l'environnement ( on parle de "capital vert" ou de "PIB vert"), sans compter la mesure sans doute utile de la responsabilité sociale d'une entreprise.

 

Sans vouloir multiplier les indices, il apparaît en tout cas que le développement durable ne saurait se limiter aux trois piliers, et que de plus l'équilibre entre ces trois piliers doit être constamment réévalué.

 

En effet, peut-on limiter la culture, l'éducation ou le sport à l'environnement, au social, ou à l'économie?

Comment penser dans le développement durable la place d'activités humaines pas forcément rentables? Comment aussi penser l'échange juste et équitable à promouvoir ente des collectivités territoriales du Nord et du Sud? Comment penser les biens communs?

Voilà pourquoi la place de ce que nous appelons "l'épanouissement humain" doit être autrement et mieux pris en compte dans le développement durable. D'ailleurs, l'agenda 21 de la culture de Barcelone, ou la vaste question de l'éducation dans le développement durable montrent bien la limite du concept des seuls trois piliers, trop restrictifs et trop ancrés dans une vision ultra-libérale du développement.

 

Notre proposition déjà ancienne de l'épanouissement humain comme quatrième pilier du développement durable est , me semble-t-il, une réponse à cette importante question de savoir comment se mesure l'action d'un territoire, petit ou grand, engagé dans le développement durable.

 

 

 

 

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