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Publié par Jean-Jacques Benoît

 

 

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L'ignoble attentat anti-sémite de Toulouse a plongé la France dans un forme d'hébétude. Comment est-ce possible en France?

 

Ce midi, j'assistais au rasemblement organisé par le CRIF à Bordeaux, où toutes les religions étaient présentes, et les libre-penseurs aussi. Nécessaire recueillement avec une légitime émotion, pour les familles des victimes et les victimes elles-mêmes, envie d'être ensemble aussi pour faire République et dire que la résistance à l'insupportable est notre bien commun.

 

Mais ne nous y trompons pas!

 

Dans mon article précédent, je fustigeais la réhabilitation de Brasillach, demandée par le Front National. S'il est un homme dont la haine anti-juive fut éprouvée, c'est bien Brasillach. Cette tentative d'accommodement d'aujourd'hui avec la pensée raciste est un indice des difficultés de la société française à se vivre sans peur, sans l'obsession de l'étranger, dont "le juif" ou "le musulman" peuvent être les bouc-émissaires.

 

Au sein de la droite, le courant pétainiste et maurassien avait été vaincu en France par le gaullisme, d'autant que celui-ci avait pu attirer des hommes et femmes de gauche soucieux d'indépendance nationale notamment.

 

Force est de constater - hélas! - que la banalisation des thèses maurassiennes de rejet de l'autre et de l'étranger ont fait des progrès en France ces dernières années, parfois portées - qu'ils en aient conscience ou non relève d'un autre débat - par de hautes Autorités de l'Etat.

 

Il est encore un peu tôt pour dire si de semer le vent mauvais de l'exclusion de l'autre nous fera récolter une tempête de délitement républicain, mais comment ne pas poser la question dans le débat public?

 

Les républicains ne veulent pas d'un retour des idées de Maurras et de Brasillach. La République française du XXIè siècle a besoin d'autres projets.

 

En ces temps incertains où l'on sent bien que l'Histoire bafouille ses paroles, la fraternité à l'autre doit guider nos pas!

 

J'emprunterai à Emmanuel Lévinas cette belle citation: "Le statut même de l'humain implique la fraternité et l'idée du genre humain"

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