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Publié par Jean-Jacques Benoît

 

 

"Qu'est-ce qu'une nation?" interrogeait Renan en 1882, y répondant en ces termes:

 

"Ce qui constitue une nation, ce n'est pas de parler la même langue, ou d'appartenir à un groupe ethnographique commun, c'est d'avoir fait ensemble de grandes choses dans le passé et de vouloir en faire encore dans l'avenir..."

 

 

La nation française est confrontée depuis le début des années 70 à une remise en cause globale, dont on a pu penser que l'Europe était sa nouvelle frontière. Ce le fut presque de fait, et encore aujourd'hui, mais la construction d'une Europe à six, neuf, voire douze pays n'a plus rien à voir avec la construction d'une Europe à vingt-huit ou trente!

 

De plus, l'effondrement du système soviétique a bouleversé profondément la mondialisation et les repères nationaux, l'Europe perdant son statut de centre d'une éventuelle crise internationale décisive pour la paix du monde.

 

L'impression de dissolution de la nation française dans un conglomérat plus vaste, et de déclin relatif, est apparu aux yeux de beaucoup de Français comme un recul patriotique et une perte de souveraineté, malgré les avantages nombreux en découlant par ailleurs, dont la paix et un certain développement de l'économie. L'absence de gouvernement politique sur la monnaie - hérité de la tradition ordolibérale allemande - a accentué cette réalité avec la crise financière depuis 2008, sans que l'Europe sociale tant promise n'apparaisse vraiment.

 

Je suis un Européen de coeur, convaincu que l'Europe des nations est la meilleure orgnisation de coopération dynamique en Europe pour la croissance, la stabilité et la paix.

 

Je me bats aussi pour que les idéaux républicains de la nation permette au peuple sa représentation: volonté politique de l'Etat-Nation, patriotisme économique dont les idées de démondialisation sont un des aspects, réindustrialisation du pays pour sa souveraineté, pratique laïque de la République, réponse de fond et durable à la crise majeure du climat, institutions équilibrées assurant une place éminente à la délibération citoyenne du Parlement,  comme exemples.

 

L'"avoir fait ensemble de gandes choses" de Renan parle aux grandes dates de notre Histoire commune de 1789 au 6 juin 1944, de Mitterrand à Napoléon, des victoires de la Grande Guerre à de Gaulle. Cela explique peut-être l'engouement actuel des Français pour 1914. Ce "fait ensemble" renvoie aussi à une certaine manière de vivre la France, dans ses services publics, ses cités, sa ruralité, et même son organisation familiale. En comparaison, la vie d'aujourd'hui semble à ces mêmes Français plus compliquée, plus dangereuse, moins protectrice. Et quand, de plus, on ne veut pas  chanter la "Marseillaise", alors !!!!??

 

De cette dépossession culturelle, sociale et économique - à la fois impression et réalité -, le Front National tente de profiter alors qu'il n'a aucune solution sérieuse à proposer, sur fond de différenciation raciale, et qu'il fait courir à la France une grave crise politique. Mais regagner les électeurs ouvriers et populaires qui ont voté FN passe pour la Gauche par un autre discours, d'autres attitudes devant les difficultés de la classe ouvrière et des couches populaires.

 

Florange et Carmaux en sont les exemples à la fois les plus saillants et les plus douloureux. Mais qu'a donc fait la Gauche - et le PS notamment - de l'héritage de Jaurès, avec cette terrible parole ( ou à peu près ) de cette habitante de Carmaux au Président de la République : "Jaurès ne se serait pas comporté ainsi, Monsieur le Président!" Et on ne peut répondre à cette question que par un "équilibre des comptes publics", lui même en partie discutable?

 

J'ai l'espoir immédiat que le Parlement sera à même, dans ses discussions sur le collectif budgétaire, de modifier l'orientation économique et sociale du gouvernement pour mieux répartir l'effort demandé aux couches populaires. Il en a la possibilité, c'est une question de volonté des parlementaires, qui apporteraient ainsi un nouvel équilibre à nos institutions.

 

Que voulons-nous donc faire encore ensemble dans l'avenir? C'est bien à cette question que le PS doit répondre, beaucoup mieux et autrement qu'il ne l'a fait jusqu'à présent, pour donner sens à nos politiques, force et énergie à notre peuple français.

 

Un Congrès de refondation du PS sans tarder pour penser ce qui se passe avec pour but cet "avenir commun" et des résultats du gouvernement l'y aideraient! C'est urgent!

 


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Sylvain 02/06/2014 10:00

Il aurait été intéressant que vous nous expliquiez quels sont les "nombreux" avantages permis par le démantèlement de notre Souveraineté qui est pourtant par nature inaliénable.

Vous vous contentez du sophisme sur la paix rendue possible par la démolition européenne (je n'ose pas parler de construction).

Dois-je vous rappeler que ce qui a permis la paix entre les deux nations rivales que sont la France et l'Allemagne n'a strictement rien à voir avec l'U.E ?

Dois je vous rappeler que la France dispose de l'Arme atomique, et que le caractère hautement dissuasif d'une telle arme, nous garantit une protection tant vis à vis de l'Allemagne que de la
Russie, les USA, Israël ou encore le Royaume Uni ?

En outre, est ce que l'U.E a encouragé la paix dans les Balkans ? Est ce que l'U.E n'est pas justement en train de déstabiliser l'Ukraine actuellement ? Est ce que les Etats-membres de l'OTAN qui
sont pour la plupart dans l'U.E, ne participent pas aux sales guerres Américaines au Moyen Orient ou en Afrique du Nord ?

Le slogan "L'Europe, c'est la paix" est une foutaise insondable très facile à démonter par les nombreux exemples de conflits où l'U.E est engagée activement ou indirectement.

Du reste, s'il faut faire barrage au FN, c'est bien justement en veillant à ce que le peuple récupère sa Souveraineté pleine et entière sur ces affaires. La question de la restauration du Franc, de
la gestion nationale de notre politique agricole ou encore de la régulation des flux de capitaux, services, biens et personnes à nos frontières, n'a pas à être confiée à une institution
supra-nationale.

Lorsqu'on donne les clés du bateau France pour 5 ans à un Président, c'est bien pour que celui-ci dispose du Gouvernail et de toute la timonerie pour le mener à bon port.

La Nation, c'est au sens constitutionnel, une Communauté politique circonscrite sur un territoire sur lequel elle a toute souveraineté.

Il n'y aura jamais de Nation Européenne. Il y a des Nations en Europe. Il faut démanteler l'U.E pour sauver l'Europe de la ruine et du fascisme rampant.