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Publié par Jean-Jacques Benoît

 

 

L'attitude des banques françaises ou ailleurs dans le monde depuis la dernière crise financière, et l'impression que rien n'a changé vraiment, - et on le voit notamment en Irlande et en Grèce en ce moment -, a relancé le mouvement des banques éthiques en Europe. Assurer aux épargnants la transparence sur l'utilisation responsable de leurs dépôts est la base même de cette alternative offerte aux citoyens.

 

A ce jour, la France ne compte pas d'établissement éthique assurant une totale transparence sur les projets financés. Certes, des efforts sont faits par La Banque Postale, le Crédit Coopératif ( cependant filiale de BPCE ), ou la NEF, coopérative d'épargne financière, pour s'en approcher. A sa manière, le "coup de gueule" d'Eric Cantona a montré l'importance de ce mouvement de défiance des Français et des Européens qui n'acceptent pas le diktat des banques.

 

Les principales banques éthiques en Europe sont la Cultura Banka en Norvège, l'Ekobanken en Suède, la Triodos Bank aux Pays-Bas, la GLS Bank en Allemagne - la plus ancienne banque alternative en Europe fondée en 1974 à Bochum, dans la Ruhr industrielle -, La Banque Alternative Suisse en Suisse, la Banca Etica en Italie. Ce mouvement est en plein essor - la croissance moyenne du nombre de clients en 2010 est de 25 à 30% -, même s'il est encore minoritaire. La plupart de ces banques ont adopté le statut de coopérative, sauf aux Pays-Bas.

 

Les signaux sont nombreux de l'aspiration des Français à reprendre le contrôle de leur argent.  Bonus record des dirigeants des banques, affaires des traders, succès du mouvement "Sauvons les riches", insupportable idée dans la République qu'un homme peut valoir 1000 ou 2000 fois plus qu'un autre par le seul imperium de l'argent, gagné en spéculant, ou encore désengagement des banques pour soutenir l'activité économique locale des PME et PMI: autant d'exemples qui engendrent un écoeurement profond et durable.

 

Dans son dossier sur ces banques, le journal "Les Echos" rappelle l'histoire du mouvement italien.

"Banca Etica plonge ses racines dans le mouvement des coopératives  des mutuelles d'autogestion, qui récoltaient dans les années 1980 l'épargne de leurs associés pour financer des projets solidaires. Fort de 35000 sociétaires et de 50000 clients, cette banque propose 14 guichets dans les principales villes du pays. Banca Etica a ouvert depuis 2008 un millier de comptes par mois, ce qui correspond à une progression annuelle de 30% du nombre de ses clients." Nous noterons que ces dépôts et crédits avoisinent les 600 millions d'euros, alors que pour la Triodos aux Pays-Bas, les dépôts sont de 2900 millions, et de 1150 pour la GLS Bank en Suisse.

 

 

La France doit pouvoir s'ouvrir davantage à ces modèles de coopération pour la gestion de l'épargne populaire et à la transparence des projets financés, en souhaitant que les cadres réglementaires soient allégés en Europe pour ce faire.

 

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