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Publié par Jean-Jacques Benoît

 

 

les_annees_mitterrand_-copie-1.jpgN'est-ce pas Barbara qui, à sa manière d'artiste, nous a dit le plus de choses sur le 1O mai? Espoir, désir, illusions, rencontre d'un peuple avec un homme, "une rose à la main" comme dit la chanson. Une sorte de mai 68 assouvi et revisité le temps d'un soir et de quelques semaines. Et en mai, qui plus est!

 

Et des promesses tenues! Des radios libres aux nouveaux droits des femmes, de la retraite à 60 ans - tiens donc ! -, à la cinquième semaine de congés payés, des lois Auroux à la suppression de la peine de mort, des lois de décentralisation à une nouvelle espérance européenne... Avec François Mitterrand, la France avait confiance - et d'abord le peuple de gauche-.

 

Trente années ont passé. Bien des acteurs de ces temps ont disparu, mais reste non pas seulement un souvenir, mais l'envie d'autre chose, d'un autre monde possible, d'une aventure pour ce pays et ce continent que seule la Gauche peut porter.

 

Une autre France, un autre destin.

 

J'ai encore le désir du parfum de la rose. Comme il y a trente ans le 10 mai 81.

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Bayti lahcen 12/05/2011 11:15


L’URBAIN DE DEMAIN : UN PARI COLLECTIF
ET UNE VISION POUR LA VILLE

Réflexion suite au séminaire sur « L’Aménagement P.L.U. »
Si le mot ville appartient à l’usage le plus courant, l’adjectif urbain, plus savant, a mis du temps pour être accepté. Pourtant, il vient, du mot latin désignant une vraie et grande ville, en
particulier la ville par excellence pour les citoyens romains, Roma, verlan graphique de Amor. Le mot ville procède de villa, qui était une grosse ferme, puis une agglomération très modeste, dans
la campagne.
Les fameuses villes à la campagne d’Alphonse Allais sont une tautologie étymologique ; il en aurait bien ri.
Les mots latins de la ville étaient urbs et civitas, qui a donné cité. Pour qualifier ce qui concerne la ville ou la cité, la langue française n’avait pas d’adjectif, avant d’adopter urbain, mot
qui était plutôt employé au figuré, pour « élégant, poli, de bon ton », avec son dérivé urbanité. Aujourd’hui, on est souvent plus urbain à la campagne qu’à la ville, il me semble.
Ce n’est qu’à l’époque où les villes françaises se développent, au XVIIIe siècle, que urbain s’oppose à rural, et seulement au XXe siècle qu’on connaît l’urbanisme, l’urbanisation et les
conurbations. Les problèmes de la ville sont si nombreux que l’adjectif urbain nous est devenu indispensable. L’espace urbain, le milieu urbain s’opposent à la campagne, les transports en commun
sont plus souvent urbains que ruraux, et devant la dégradation de l’habitat urbain, on doit parler – on le fait aujourd’hui – de renouvellement urbain. Et, malheureusement, l’expression terrorisme
urbain est devenue normale, après la violence urbaine, qui oblige à la vigilance.
C’est dire qu’à propos de la ville, incluant d’ailleurs les banlieues, ce qui est qualifié d’urbain est assez négatif, à part des réalités techniques comme le chauffage urbain. Cela, malgré
l’existence évidente d’une beauté urbaine ou d’un art urbain, qu’expriment plutôt des mots comme urbanisme et urbanistique, qu’employait déjà Le Corbusier il y a plus d’un demi-siècle.
La mauvaise réputation de la ville n’est pas nouvelle. L’amoureux de la nature qu’était Jean-Jacques Rousseau, fatigué de Paris, écrit dans les Confessions qu’il va « se tirer un peu de l’urbaine
cohue » ; ce qu’il parvient à faire en allant « à la campagne », c’est-à-dire à Passy. Il est moins facile aujourd’hui d’échapper au milieu urbain ; aussi bien est-il urgent de l’améliorer au lieu
de le laisser envahir sauvagement les zones voisines, et dégrader l’environnement naturel.

Lahcen BAYTI
10 mai 2011