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Publié par Jean-Jacques Benoît

 

 

"Tous les hommes sont libres, mais il y en a qui le sont plus que d'autres"? Est-ce la nouvelle doctrine européenne devant les révolutions arabes voulant la démocratie et la liberté, plagiant ainsi ce qu'écrivait Orwell à-propos de l'égalité dans "La ferme des animaux"?

 

Force est de constater la difficulté pour certains intellectuels et nos gouvernants, une fois la surprise des évènements passée, à réagir, à accompagner, à anticiper. Le premier étonnement fut l'absence d'Israël dans les revendications des peuples et la présence peu importante des extrêmistes islamistes dans les mouvements libérateurs, deux éléments quasi-fondateurs de la manière de penser le sud méditerranéen pour nombre de ces personnes.

 

Comme si ces peuples ne pouvaient pas penser la démocratie pour eux-mêmes et par eux-mêmes. Comme si ces peuples n'avaient pas d'histoire et étaient incapables de comprendre le monde d'aujourd'hui. Reste de colonialisme?

 

Le discours de Dakar du Président de la République est l'expression idéologique de cette profonde incompréhension, même s'il fut prononcé pour une autre occasion.

 

D'une certaine manière les peuples arabes reviennent dans cette libération éxutoire aux sources des mouvements de libération nationale d'il y a une cinquante d'années, mais avec l'expérience des erreurs, de la corruption, de l'islamisme, et de la mondialisation. Avec un constat: les immenses richesses de leurs territoires ne profitent pas à toutes et tous, et loin de là!!!

 

Cette nouvelle liberté des peuples inquiète l'Europe. Ce n'est plus du péril jaune dont l'Europe a peur, ou pas seulement, et l'Italie en est la première manifestation. Berlusconi, ou Hortefeux, ou d'autres se demandent de quoi demain sera fait, en disant clairement qu'un immigré clandestin reste un clandestin, à Lampedusa ou ailleurs.

 

Il est vrai que l'enjeu est de taille! Ou bien les nouvelles démocraties arabes sauront développer leur pays et donner un emploi à des millions de jeunes - mais cela prendra du temps! -, ou bien inévitablement les pauvres regarderont au nord. L'Europe sera-t-elle une forteresse aux pont-levis infranchissables? Quelle attitude aurons-nous devant l'immigration de ces peuples? Ou saurons-nous mettre en oeuvre un vaste plan d'aide au développement de ces pays, dans le respect de leur demande et pour des échanges justes et équitables.

 

Il va être urgent de le faire et de proposer des actions car nous pouvons parier que ces questions seront dans les débats de 2012. La Gauche doit se saisir à bras le corps de ce nouvel élan qui peut être enthousiasmant. Le Parlement ne pourrait-il pas se saisir de cette question?

 

 

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