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Publié par Jean-Jacques Benoît

 

 

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Cher(e) collègue,

 

La situation financière et budgétaire des collectivités locales est devenue, en ce début d'année 2012, totalement ubuesque. On peut caractériser le contexte actuel à la fois par un haut niveau de prudence de l'ensemble des acteurs et par une difficulté d'accès aux prêts bancaires.

 

La commune de Pessac est engagée dans un programme d'investissement ambitieux pour les années 2012 et 2013. Pour financer les investissements prévus en 2012 - 21,1 M d'euros -, nous avons la nécessité de contracter des emprunts à hauteur d'un peu plus de 10 millions d'euros.

 

La situation financière de notre commune est tout à fait saine. Un encours de dette faible et une capacité de désendettement inférieure à un an devraient nous positionner comme un partenaire idéal des banques.

 

Or, malgré ces éléments objectifs de solvabilité, les engagements obtenus aujourd'hui après consultation auprès des établissements bancaires s'élèvent, avec peine, à 4 à 5 millions d'euros, soit la moitié de nos besoins.

 

Cette situation est le résultat d'une imprévision du gouvernement et d'attitudes peu raisonnables de la part des établissements bancaires.

 

C'est une imprévision du gouvernement puisque la disparition du prêteur dominant des collectivités territoriales, Dexia, est connue depuis longtemps. De même, le gouvernement traîne sur l'alliance Caisse des Dépôts et Consignations - Banque Postale censée prendre la suite. Il tente de retarder le création de l'agence de financement des collectivités locales. Cette agence est demandée, en particulier, par l'Association des Maires de France mais chaque jour le gouvernement trouve des arguties pour retarder sa création.

 

Cette situation est donc inquiétante à plusieurs niveaux.

 

Elle est inquiétante pour la France car à l'échelon national, ce sont entre 12 à 15 milliards d'euros de travaux qui seraient différés. N'oublions pas que près de 75% des investissements publics sont initiés par les collectivités territoriales. S'il n'y a plus cet apport des collectivités locales et des établissements hospitaliers, comment envisager une amélioration de la croissance, une réduction des déficits et un retour au plein emploi?

 

Elle est enfin inquiétante pour le monde socio-économique qui se verrait privé de marchés et donc de recettes importantes.

 

Il appartient au gouvernement de s'assurer de la continuité des financements des investissements publics. Dans un contexte de crise économique, de croissance atone, de crise de l'emploi, cette imprévision est une faute grave qui ne fera qu'accroître les effets de la crise actuelle.

 

Le libéralisme sans contrôle est un risque pour nos démocraties. L'Etat ne peut sans doute pas tout, mais l'Etat doit être un régulateur. Sa politique doit s'imprégner de cette valeur essentielle de nos démocraties: permettre à chacun de vivre dignement selon ses besoins. Toutes les composantes de la Nation doivent participer à l'effort de redressement, chacun en fonction des  ses capacités.

 

L'attitude de quasi refus des établissements bancaires est inquiétante. On ne saurait passer d'une période d'abondance de prêts à une attitude aussi fermée, de méconnaissance des enjeux de service public et des enjeux économiques locaux.

 

Conclusion, à la date d'aujourd'hui: faute de prêts, la Ville de Pessac doit décaler un de ses grands projets: sa grande salle à vocation sportive et évènementielle.

 

Vous-même, Monsieur, Madame le Maire,  peut-être êtes sans doute dans l'obligation de différer un certain nombre d'investissements inscrits à votre Budget Primitif 2012. Et, comme la Ville de Pessac, vous êtes sans doute prêt, ainsi que vos services,pour la mise en oeuvre de vos projets.

 

C'est pourquoi je fais un appel à la raison auprès des établissements bancaires et je le lance publiquement.

 

C'est un appel à la raison pour le développement local et l'emploi.

 

Je souhaite, si la situation ne s'améliore pas, prendre une initiative commune, avec d'autres maires ou directeurs d'institutions en mal de prêts bancaires, visant à mettre sur le devant de la scène cette situation qui nous met en danger.

 

J'espère alors pouvoir compter sur votre soutien.

 

Dans l'attente.......

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