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Publié par Jean-Jacques Benoît

                             Madame la Ministre,

 

J'ai bien reçu votre courrier dans lequel vous attirez mon attention sur le dispositif « Conseil pour les droits et devoirs des familles ».

 

J'ai bien noté que vous avez joint à votre courrier un guide méthodologique des CDDF, au cas où l'information ne me serait pas parvenue.

 

Je tenais à  vous exprimer pourquoi, de manière réfléchie et argumentée, nous avons fait le choix, à Pessac, de ne pas nous doter de cette instance.

 

Tout d'abord, permettez moi de vous signaler que votre lettre m'est parvenue au moment où un certain nombre de prises de paroles gouvernementales ont eu pour conséquences de jeter le trouble dans l'opinion publique, en particulier dans la mise en cause des Maires concernant leur politique de sécurité. Nous ne pouvons admettre ce discours mensonger.

 

A Pessac, comme dans bien d'autres communes, nous apportons des réponses républicaines, alliant prévention et sanction, éducation et maintien de l'ordre.

A Pessac, la politique de prévention de la délinquance et de sécurité s'inscrit dans une démarche partenariale, forte, avérée, et qui trouve une vraie concrétisation au quotidien.

 

Dans le cadre du Conseil de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CLSPD), nous œuvrons pour conjuguer l'intervention de l'ensemble des professionnels basée sur le respect des compétences et des rapports de confiance.

 

Ainsi, afin de ne pas risquer de fragiliser cette dynamisme territoriale, il a été décidé de ne pas intégrer, dans la stratégie territoriale de la Ville de Pessac, la création d'un CDDF, dans la mesure où cela pourrait porter atteinte, ou du moins jeter un certain trouble, quant aux domaines de compétence de chacun des partenaires et de me positionner, en tant que Maire, dans un rôle ambigu.

 

Outre ces écueils, la mise en place d'un CDDF pourrait participer de l'empilement des dispositifs déjà nombreux, et efficients, sur le territoire et ainsi nuire à la visibilité et la lisibilité de la politique de prévention menée à Pessac.

 

Cette décision a été prise lors de l'assemblée plénière du CLSPD qui s'est tenue le 1er avril 2010, et discutée avec l'ensemble des partenaires (Police Nationale, Bailleurs Sociaux, MDSI, PJJ, Parquet, Éducation Nationale, Délégué du Préfet, association de prévention).

 

Sur le fond, et pour terminer, la lecture de l'interview, dans le journal Libération du 24 août 2010, de Catherine Sultan, présidente du tribunal pour enfants de Créteil, a conforté notre position.

 

En avançant un certain nombre de propositions, comme insister sur la « réparation du trouble causé à la victime et à la société », et réaménager la procédure pénale autour d'un « dossier unique », Catherine Sultan semble faire partie des personnalités qu'il faut écouter.

 

En tout état de cause, je serais attentif, dans le cadre de la potentielle réforme du code pénal pour les mineurs, au respect des grands principes de l'ordonnance de 1945.

 

Je vous prie d'agréer, Madame la Ministre, l'expression de ma très haute considération.

 

 

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