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Publié par Jean-Jacques Benoît

drapeau-europeen.jpg

 

 

En cette fin de campagne européenne, on fait comme si tout ou presque allait de soi.

 

Comme si les citoyens s'intéressaient encore à une Europe qui leur apparaît tellement loin de leurs préoccupations.

 

Comme si de faire campagne pour les listes engagées pouvaient mobiliser les électeurs. Quel est le citoyen qui s'y retrouvera dans les listes proposées, avec peu de leaders et dans des circonscriptions aux contours incompréhensibles? Hormis les militants des différents bords, qui fait le lien et connait Shulz ou Junker?

 

Comme si.

 

Comme si nous étions encore dans les années 80 ou 90, où la construction de l'Europe s'accompagnait de la promesse de "l'Europe sociale", chère à F. Mitterrand ou J. Delors. Qui ose en parler aujourd'hui, à l'heure des politiques d'austérité et de l'euro trop fort ? L'Europe sociale a disparu des discours.

 

Comme si "l'Europe" avait respecté la volonté du peuple français du référendum de 2005, alors que le Traité de Lisbonne reprend nombre de dispositions du projet de Constitution, sauf la partie monétariste.

 

L'Europe déçoit, alors qu'elle accompagne nombre de politiques locales, qu'elle est une institution d'équilibre européen et un lieu essentiel de paix et d'organisation des droits. Cependant, l'abstention du peuple français sera une des marques les plus parlantes de cette déception non voulue.

 

Cette Europe en construction apparaît souvent plus dangereuse que protectrice ( emploi, immigration, concurrence ), plus lointaine que proche avec un système démocratique compliqué, et peu soucieuse des intérêts stratégiques du continent ( divergences entre nations européennes en Afrique, sur l'Ukraine ou en Syrie, sur la Chine ou la Russie ...).

 

La France se sent dépossédée d'elle-même ( monnaie et système bancaire, frontières, patrie, travail, immigration, sécurité, famille ), et la crise qui traîne en longueur ajoute à cette réalité-impression du déclin français, qui s'accompagne d'un leaderschip allemand visible.

 

Pour mettre en place cette Europe ordolibérale à direction politique allemande de fait ( et qui évolue comme telle avec le soutien de bien des pays comme la Suède, les pays baltes, les Pays Bas, et d'autres qui y trouvent leur intérêt final comme la Pologne ou la Grande-Bretagne ), les élites de chaque pays demandent à leurs différents peuples de se conformer peu ou prou à ce modèle. Au mieux c'est une illusion, au pire un forçage dont les différentes nations ne voudront pas finalement.

 

La réorientation de l'Europe n'a pas eu lieu, les politiques d'austérité balaient les pays, et on nous vante les plans d'apuration des déficits de le la Suède, de l'Irlande, de la Grèce, de l'Espagne ou du Portugal, comme d'inévitables obligations de gestion.

 

C'est par l'alliance entre nations européennes que l'Europe peut progresser dans la voie de la croissance et de contreparties sociales indispensables. Nous n'en sommes pas là malgré la promesse réitérée des différents somments et Traités des années 1970 à 2005. Il ne fallait pas y croire? La parole politique de donner du sens et de l'espérance n'a plus de valeur?

 

Ou bien le projet européen se recentrera sur la vision Mitterrand-Delors de la croissance et des solidarités parlées entre nations aux droits égaux - et le vote pour Schulz m'apparaît le plus réaliste -, ou bien le pire sera toujours à craindre. A trop vouloir faire entrer dans un carcan ordolibéral les nations européennes, la Commission suscite les réactions de rejet de toutes politiques européennes, même les meilleures.


On fait encore comme si le séisme du 25 mai n'aura pas lieu.

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