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Publié par Jean-Jacques Benoît

 

 

 

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L'exigence de séparation entre la chose publique et la croyance individuelle pour assurer la paix civile et le vivre ensemble des individus est une longue histoire universelle. En Europe, en Chine, dans les civilisations pré-islamiques d'Afrique et du Moyen-Orient, des formes de séparation existaient, et des études récentes en portent témoignage.

 

En France même, les rapports ente le peuple et la religion catholique ont jalonné les siècles: croyances païennes que l'on retrouve dans les fêtes  (Carnaval ...), protestantisme, hebraïsme, volonté d'indépendance du roi dans les différentes papautés (le Traité de Westphalie en fut un exemple), mouvement des Lumières. Dès le Haut Moyen-Age, les oeuvres artistiques en sont remplies, y compris dans les sculptures et enluminures des églises.

 

Mais c'est incontestablement la Révolution française qui marque une évolution significative. L'article 10 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 en est l'expression: "La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public."

 

Tout le XIXè siècle fut traversé par cette interrogation politique: doit-on séparer, et comment, l'administration de la cité de la spiritualité personnelle dans le respect de l'ordre public édicté par la loi?

 

La loi du 9 décembre 1905, à l'initiative des républicains du pays, est l'expression de cette histoire. C'est sans doute l'une des lois les plus importantes jamais votées en France évidemment, et dans le monde sans doute. Le pays a fait l'expérience pratique de son utilité indispensable. Cette loi protège, tolère, garantit, libère.

 

Cette loi protège et tolère. Elle permet à toutes les croyances ou non-croyances leur expression, dans le respect des autres et de l'ordre public. L'Etat ne préfère pas, il oblige au respect.

 

Cette loi garantit et libère. Il n'est qu'à constater -souvent!- la place des femmes dans une société pour en déterminer le développement. La laïcité permet ces améliorations, même si rien n'est gagné par avance, comme par exemple le droit de vote, ou le droit à l'avortement en France! Mais le pacte républicain est le socle des rapports entre citoyens, que l'article 1 de la Constitution de 1958 met en avant: "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale."

 

Un dernier point. La laïcité n'est pas l'instrument d'une religion contre une autre, de l'athéisme contre les religions. Bien sûr, elle est contrainte, elle est obligation, puisqu'il y a respect de la loi et de son ordre. Et tant mieux! C'est aux religions ou non-religions de s'y adapter, et non l'inverse, que ce soit pour l'installation d'une crèche ou le port du voile! Et on ne peut pas davantage supporter les attaques antisémites dans notre pays.

 

Savoir faire la différence entre opinion spirituelle personnelle et affaire publique concernant tous les citoyens pouvant avoir des avis individuels divers, c'est ce qui permet de se supporter et de vivre ensemble.

 

La laïcité est un joyau de notre Histoire, de notre pratique politique. Mais pas seulement! En Tunisie, en Turquie, au Mexique, en Irak, au Maroc, et dans tant d'autres pays, des hommes et des femmes se battent pour elle. Parfois au péril de leur vie! Ne l'oublions jamais. Elle reste un combat!

 



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